Mogherini pour oublier Ashton

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“Femme, jeune, italienne, compétente” : c’est ainsi que Matteo Renzi, Premier ministre italien, avait décrit en 2014 sa nouvelle ministre des Affaires étrangères. Huit mois plus tard, Federica Mogherini se retrouvait propulsée deuxième vice-présidente de la Commission européenne et chef de la diplomatie.

Tiédeur politique

Romaine, elle a étudié les sciences politiques et elle est l’auteur d’une thèse sur le rapport entre la religion et la politique dans l’islam, rédigée pendant son séjour Erasmus à Sciences Po Aix. Un parcours académique et une expérience trop faible pour la critique italienne. A 43 ans, elle n’a jamais été à l’origine d’initiative majeure dans son pays, ni même fait vibrer les foules. “Trop sage”, “sans charme”. Bref, pas à la hauteur… Federica Mogherini pâtit d’une nomination beaucoup trop poussée par l’impressionnant lobbyisme de Matteo Renzi.

Lors de son mandat en tant que ministre des Affaires étrangères, il lui a été reconnu la qualité de ne pas faire d’ombre à son chef de gouvernement et de privilégier le consensus. Ainsi à Rome, ses détracteurs avancent qu’à Bruxelles, Federica Mogherini est la marionnette parfaite de Matteo Renzi.

Ferveur européenne

On n’enlèvera pas malgré tout à la jeune chef de la diplomatie son ouverture sur le monde. Depuis son entrée en politique, elle multiplie les travaux sur le Proche et le Moyen-Orient. “Cela fait vingt ans que je travaille sur les dossiers internationaux” a-t-elle ainsi insisté lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce de sa désignation.

S’attirant parfois des moqueries pour son invitation, récurrente dans ses discours, à trouver une “position commune de l’Union européenne”, elle s’est tout de même positionnée sur de gros dossiers comme le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement entre l’UE et les États-Unis (TAFTA) dont elle a défendu la négociation. Elle aurait également constitué un cabinet solide et multiplie les visites symboliques au Proche-Orient, à Sarajevo, en Pologne, ou plus récemment en Turquie. Ce pays, après sa visite, a réaffirmé son engagement lié à l’accord préalablement conclu avec l’UE pour contrôler les flux de migrants. Un dossier connu de Federica Mogherini qui en août 2015 a mis en place l’opération Sophia qui vise à identifier et capturer les embarcations des passeurs en Méditerranée centrale.

Quelle que soit l’image qu’elle renvoie, Federica Mogherini jouit toutefois d’un privilège : elle devrait pouvoir mieux faire que celle qui l’a précédée, Catherine Ashton, vivement critiquée pour son manque de charisme.

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